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Des chercheurs neutralisent les vibrations grâce à des métamatériaux imprimés en 3D

Une nouvelle étude de l’Université du Michigan démontre comment la conception géométrique pourrait révolutionner l’isolation vibratoire des véhicules, des bâtiments et bien plus encore

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Selon l’Université du Michigan (UM), des chercheurs ont mis au point une nouvelle approche de l’isolation vibratoire qui pourrait être utilisée pour absorber les chocs dans les véhicules, les bâtiments et d’autres structures. L’équipe, en collaboration avec le Laboratoire de recherche de l’Air Force (AFRL), a démontré comment des métamatériaux mécaniques imprimés en 3D — des structures dont la géométrie, plutôt que la composition, détermine les propriétés — peuvent bloquer les vibrations grâce à la complexité de leur conception interne.

L’étude, publiée dans Physical Review Applied, concrétise plusieurs décennies de travaux théoriques. « C’est là que réside la véritable nouveauté. Nous avons la réalisation concrète : nous pouvons réellement fabriquer ces structures », a déclaré James McInerney, chercheur associé à l’AFRL et ancien boursier postdoctoral à l’Université du Michigan. « Nous sommes optimistes quant à leurs applications positives. Dans ce cas-ci, il s’agit d’isolation vibratoire. » Le projet a bénéficié d’un soutien fédéral de la DARPA, de l’Office de la recherche navale et du programme de bourses du Conseil national de la recherche des États-Unis.

Les coauteurs incluent Serife Tol, professeure en génie mécanique à l’UM, Othman Oudghiri-Idrissi de l’Université du Texas, ainsi que Carson Willey et Abigail Juhl de l’AFRL. « Depuis des siècles, les humains améliorent les matériaux en modifiant leur chimie. Notre travail s’inscrit dans le domaine des métamatériaux, où c’est la géométrie — plutôt que la chimie — qui confère des propriétés inhabituelles et utiles », a expliqué la physicienne Xiaoming Mao de l’UM. « Ces principes géométriques peuvent s’appliquer de l’échelle nanométrique à l’échelle macroscopique, offrant une robustesse extraordinaire. »

A new study from the University of Michigan demonstrates how 3D printed metamaterials could revolutionize vibration isolation.
Les structures d’isolation vibratoire peuvent être considérées comme constituées d’un réseau répétitif (a) empilé en deux couches (b) puis enroulé en tube (c).
Crédit image : J.P. McInerney et al.

Cette recherche combine l’ingénierie structurelle classique, la physique moderne et l’impression 3D avancée. Grâce à des conceptions géométriquement calibrées, l’équipe a imprimé des « tubes kagome » — des structures complexes en treillis enroulé, inspirées du tressage japonais — capables de supprimer efficacement les vibrations se propageant sur leur longueur. Cette précision géométrique permet à des matériaux ordinaires comme le nylon ou le métal d’adopter des comportements mécaniques totalement nouveaux.

Cette approche géométrique fait écho aux solutions naturelles, comme l’architecture des os ou des coquilles de plancton, qui allient résistance et résilience grâce à leur structure. « L’idée n’est pas de remplacer l’acier et les plastiques, mais de les utiliser plus efficacement », a précisé McInerney.

Le travail s’appuie sur des concepts historiques, notamment les études du XIXᵉ siècle de James Clerk Maxwell sur les treillis stables, ainsi que sur des découvertes modernes en physique topologique, qui décrivent comment des comportements inédits apparaissent aux frontières des matériaux. En s’appuyant sur ces principes, l’équipe a créé des métamatériaux physiques présentant des « phases topologiques » capables d’amortir les vibrations.

McInerney a noté que, bien que les prototypes actuels présentent certains compromis — une meilleure isolation vibratoire réduit la capacité portante —, ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour les essais et la conception. « Comme nous observons des comportements entièrement nouveaux, nous devons encore comprendre non seulement les modèles, mais aussi les méthodes d’évaluation… avant même de pouvoir aborder les applications », a-t-il conclu.

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