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title: "Des chercheurs impriment en 3D des hydrogels pour la protection contre les radiations dans l’espace"
url: https://www.voxelmatters.com/fr/chercheurs-impression-3d-hydrogels-protection-radiations-espace/
date: 2025-02-09
modified: 2025-02-10
lang: fr
author: "Edward Wakefield"
description: "Lors des missions spatiales, les appareils et les astronautes sont exposés à des niveaux élevés de radiation. Sans protection adéquate, les instruments risquent de dysfonctionner et les astronautes pourraient subir..."
categories:
  - "FA pour l’espace"
  - "Recherche et formation"
  - "Recherche sur la FA"
tags:
  - "future"
image: https://www.voxelmatters.com/wp-content/uploads/2025/02/Space_radiation_pillars-640x391.jpeg
word_count: 649
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# Des chercheurs impriment en 3D des hydrogels pour la protection contre les radiations dans l’espace

Lors des missions spatiales, les appareils et les astronautes sont exposés à des niveaux élevés de radiation. Sans protection adéquate, les instruments risquent de dysfonctionner et les astronautes pourraient subir de graves effets sur leur santé. [Selon l’Agence spatiale européenne (ESA)](https://www.esa.int/Enabling_Support/Space_Engineering_Technology/For_astronaut_radiation_protection_just_add_water#:~:text=%E2%80%9CHydrogels%20are%20found%20in%20many,repair%20damaged%20tissues%20and%20organs.%E2%80%9D), une équipe de chercheurs de l’Université de Gand, en Belgique, teste le potentiel des hydrogels imprimés en 3D – des matériaux capables d’absorber de grandes quantités d’eau – pour servir de boucliers anti-radiations particulièrement efficaces.

Sur Terre, notre atmosphère et notre champ magnétique nous protègent de la majeure partie du rayonnement cosmique. En une seule journée au-delà de ces couches protectrices, les astronautes reçoivent l’équivalent d’un an d’exposition aux radiations terrestres. [Les explorateurs s’aventurant encore plus loin](https://www.voxelmatters.com/fr/le-marche-de-la-fabrication-additive-pour-laerospatiale-atteint-16-milliard-de-dollars-en-2023-porte-par-la-demande-des-utilisateurs-finaux/), comme lors de futures missions vers Mars, devront trouver une autre solution pour se protéger de ces rayonnements nocifs.

![Ghent University researchers 3D print hydrogels - superabsorbent polymers (SAPs) - for radiation protection in space.](https://www.voxelmatters.com/wp-content/uploads/2025/02/3D-printed_hydrogel_space_shuttle_and_astronaut_on_the_Moon_pillars.jpg)

Des études ont identifié l’eau comme l’un des matériaux les plus efficaces pour la protection contre les radiations, car elle est relativement dense et contient une forte concentration d’atomes d’hydrogène, qui interagissent avec les particules de rayonnement et les ralentissent. Cependant, l’utilisation d’un système de protection basé sur de l’eau libre présente plusieurs défis.

Des réservoirs encombrants intégrés aux combinaisons spatiales pourraient limiter les mouvements des astronautes, une répartition inégale de l’eau compromettrait la protection, et une fuite en cas de perforation du réservoir serait particulièrement dangereuse dans un environnement riche en équipements électroniques.

Dans le prolongement d’un projet réussi mené dans le cadre du programme Discovery, une équipe de chercheurs du groupe de chimie des polymères et des biomatériaux (PBM) de l’Université de Gand explore l’utilisation de polymères superabsorbants (SAP) comme alternative aux boucliers anti-radiations, offrant une solution plus sûre et plus efficace que l’eau seule. Ce matériau est capable d’absorber plusieurs centaines de fois son poids en liquide, à l’image des jouets « monstre grandissant » qui se dilatent au contact de l’eau. Une fois gonflés, ces [polymères sont appelés hydrogels.](https://www.voxelmatters.com/nc-state-3d-prints-light-activated-hydrogel-actuators/)

![Ghent University researchers 3D print hydrogels - superabsorbent polymers (SAPs) - for radiation protection in space.](https://www.voxelmatters.com/wp-content/uploads/2025/02/Space_risks_Radiation_pillars.jpeg)

« *L’intérêt de ce projet réside dans le fait que nous utilisons une technologie bien connue* », explique Lenny Van Daele, de l’Université de Gand. « *Les hydrogels sont présents dans de nombreux objets du quotidien, comme les lentilles de contact, les couches pour bébés et les protections hygiéniques. Notre groupe de recherche a déjà travaillé sur des applications médicales, notamment l’utilisation d’hydrogels comme matériau implantable souple pour réparer des tissus et des organes endommagés.* »

La capacité des hydrogels à retenir l’eau les rend particulièrement adaptés à la protection contre les radiations dans les habitats spatiaux, ainsi que dans les combinaisons utilisées lors des sorties extravéhiculaires (EVA). L’eau contenue dans un hydrogel n’étant pas libre, elle assure une protection homogène. De plus, en cas de perforation, elle ne s’échapperait pas immédiatement, ce qui laisserait aux astronautes le temps de se mettre en sécurité.

« *Ce matériau pourrait également être utilisé pour des missions sans équipage, que ce soit pour protéger les vaisseaux spatiaux des radiations ou comme réservoir d’eau, une fois que nous aurons optimisé la méthode d’extraction de l’eau contenue dans l’hydrogel* », précise Malgorzata Holynska, de la section Matériaux, environnements et contrôle de la contamination de l’ESA.

« *Le polymère superabsorbant que nous utilisons peut être transformé par plusieurs techniques, ce qui est une caractéristique rare et avantageuse parmi les polymères », ajoute Manon Minsart, de l’Université de Gand. « Nous avons choisi l’impression 3D, qui nous permet de créer des hydrogels sous presque toutes les formes possibles.* »

« *La recherche de matériaux de protection contre les radiations, à la fois efficaces et légers, est un enjeu constant. Lors de notre projet Discovery, nous avons démontré que les hydrogels sont sûrs à utiliser dans des conditions spatiales. Dans cette nouvelle phase du projet, nous expérimentons différentes techniques pour leur donner une structure en 3D et augmenter l’échelle de production, afin de nous rapprocher d’une industrialisation de la technologie* », conclut Peter Dubruel, responsable du projet.